Claque à la démocratie européenne, quand 60% des électeurs ne se sont pas déplacés, comme si l'Europe n'avait pas la plus petite influence sur leur vie.
Claque à la social-démocratie, qui a échoué à faire entendre aux européens que majoritaire en Europe elle pouvait réorienter celle-ci vers une Europe plus sociale, plus protectrice de l'environnement, plus équitable dans notre relation avec les pays émergents, plus dynamique dans le traitement de la crise par le développement de l'économie liée à l'environnement. Une Europe désormais presque exclusivement couverte du bleu des conservateurs, seuls quatre pays sur vingt-sept ayant élu majoritairement des listes de gauche.
Claque aux socialistes français, qui ont perdu de nombreux sièges, et qui sont talonnés, quand ils n'ont pas été dépassés comme en Ile de France et dans la région Sud-Est par Europe-Ecologie. 16,5 % contre 16,3 % et 14 % PS contre 19,7% à EE en IDF...
Claque au MoDem, dont la voix officielle a très peu parlé d'Europe et beaucoup attaqué la gouvernance sarkoziste, comme le PS a choisi de le faire dans la première partie de la campagne. Et a fait une erreur politique majeure en choisissant de se livrer à une attaque très basse à l'encontre de Daniel Cohn-Bendit lors du "débat" de France2 qui la clôturait .
Claque à la majorité présidentielle, qui forte de ses 27,7% de voix jamais atteintes aux élections européennes depuis si longtemps, s'est félicitée sur les plateaux télévisuels du soutien des Français à l'impulsion donnée par le Président aux réformes en France, et à l'Europe. Où sont donc passés les 53% des nombreux votants de la présidentielle ?
27,7% de 40% de votants, cela ne donne jamais qu' 1,12 électeurs sur 10 qui ont exprimé un...soutien. Pas de quoi pavoiser.
Et la gauche, toutes gauches confondues, pour celles qui à la présidentielle ont appelé à voter pour Ségolène Royal, est majoritaire à cette élection des députés européens français. Un peu plus de 45% en y incluant le NPA, plus si on y ajoute des petites listes, comme les écologistes indépendants dont le score n'est pas négligeable.
Néanmoins la lecture du "camembert" de la composition du Parlement Européen (cf Le Monde) fait froid dans le dos... Et il faudra beaucoup de talent et de force de persuasion à Dany, Harlem, Marielle et les autres pour faire remettre en question par le vote du Parlement la candidature de M.Barroso à la tête de la Commission, déjà déclarée et sans doute adoubée par les Etats...
Beau gâchis.
A force de primaire de 2006 difficile, de présidentielle de 2007 mal soutenue, de Congrès de Reims scandaleux, d'après Congrès sans équité, de désignations bureaucratiques des candidats socialistes aux européennes, et des réactions provoquées, nombre de militants et de sympathisants ne sont pas très éloignés pour ce vote de l'analyse lapidaire qu'en a donné Arnaud Montebourg "ils nous ont dit : Allez vous faire voir !"
La direction a refusé la candidature dans l'Ouest de Jean-Pierre Mignard, au prétexte que sa fonction de Président de Désirs d'Avenir était incompatible...En Ile de France, Monique Saliou, première ségoléniste et motion E de la liste était en quatrième position, difficilement éligible derrière Harlem Désir, Pervenche Berès, et Benoît Hamon... En région Nord on a évincé Vincent Peillon au profit de Gilles Pargneaux, un des artisans de la "victoire" de Martine Aubry, pour le parachuter dans le Sud-Est, au grand dam de Gérard Collomb qui voyait évincé son candidat. Nombre de brillants députés européens sortants, comme Gilles Savary, ont été sortis des éligibles.
De nouvelles plaies, des mécontentements nombreux ; il y a quelques jours G.Collomb déclarait "voter socialiste avec réticences" et recommencer à travailler de son côté avec sa "PME" et pensait à réactiver La Ligne Claire.
Nous sommes nombreux à penser que c'était une erreur de la Direction du PS et de J-Ch.Cambadélis, directeur de campagne, de choisir une campagne en deux temps. Alors que Dany Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové ont fait une campagne exemplaire, ne parlant que de l'Europe et de ce qu'ils pouvaient y apporter. Il est d'ailleurs significatif qu'après qu'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon aient pendant de nombreuses années travaillé à la maîtrise des "Paradis Fiscaux", Eva Joly soit devenue pour les Français le symbole de la lutte contre ces paradis fiscaux.
Et même si notre département, l'Essonne, a mené une campagne très active, sous la houlette d'un premier fédéral très présent auprès des militants et des sections, avec des DA qui ont pris leur part, je sais que pour beaucoup de sympathisants et de militants, les bleus et les bosses étaient encore douloureux, réactivés par la désignation des listes et l'utilisation insuffisante du Manifesto par le PS pour créer une envie de voter socialiste.
DA Paris avait invité l'Ile de France le 30 mai pour une balade citoyenne dans les rues de Paris autour de Monique Saliou afin de convaincre les Parisiens, banlieusards et provinciaux de passage que le bon vote était le vote socialiste. Monique, en très mauvaise place, a néanmoins beaucoup donné d'elle-même, avec une constante pugnacité tout au long de la campagne.
J'ai d'abord été surprise que nous ne soyons pas aussi nombreux que je m'y attendais. Puis, au cours de nos discussions avec les passants, j'ai senti qu'Europe-Ecologie ferait un score encore plus haut que celui dont les sondages la créditaient. J'ai pu constater que si l'image de Ségolène n'était pas entachée, celle du PS avait parfois "du plomb dans l'aile", que beaucoup de jeunes venus passer leur samedi au Forum des Halles manifestaient leur intention de ne pas voter, ou de voter le cas échéant pour l'extême gauche. Nous avons beaucoup insisté sur la nécessité d'envoyer "vraiment" des députés de gauche au Parlement...
Le mardi suivant nous avions une grand'messe, un meeting à Montgeron où étaient appelés les militants d'Ile de France.
Quand j'ai demandé le samedi à Monique pourquoi elle n'était pas invitée ? elle m'a précisé, souriante, que la tribune était réservée aux quadras...
A Montgeron, qui a réuni 800 socialistes, se sont succédé au micro pour des discours enflammés de 7 minutes chacun, la fine fleur de nos ténors.
Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Harlem Désir, David Assouline, Aurélie Filipetti, Sandrine Mazetier, Carlos Da Silva, notre premier fédéral, et Manuel Valls. L'introduction à ces prises de parole ayant été faite par Gérald Hérault notre hôte et François Lamy "régional de l'étape" (sic).
Je n'ai pas trouvé que Monique était d'un âge canonique par rapport à François, Gérald, Arnaud et Manuel...tous dans la limite supérieure des quadras...
J'ai trouvé que Sandrine Mazetier aurait pu se dispenser de lancer une "vacherie" à l'encontre de Cohn-Bendit . Je peux lui assurer que l'enthousiasme et la passion de Dany ne se sont pas effrités depuis un certain mois de mai 68.
J'ai enfin trouvé que même si Benoît a précisé que le but de ce meeting n'était pas de "sauver le soldat Hamon", il est étonnant, à défaut d'être regrettable, que le nom de Monique Saliou, quatrième de liste, n'ait pas été prononcé une seule fois par aucun des participants...
Ce soir a lieu un Conseil national du PS. On va y règler des comptes. Certains demandent la tête de Martine, d'autres se répandent sur les antennes sur le danger de la mort du PS, sa "parole étant déjà morte", d'autres exigent un réel changement des méthodes, l'incorporation à la direction de Ségolène Royal et d'autres acteurs , tous demandent que soit fixée sans attendre, et surtout pas après les régionales, le mode de consultation ouvert pour la primaire de la prochaine présidentielle, et qu'on rende leur place aux militants...
Nous verrons ce qui en sortira. Ségolène a refusé toutes les interviews, tous les plateaux télé ou radio où on lui demandait de venir commenter les européennes. Ce matin elle a rencontré Martine Aubry et elles annoncent vouloir se concerter fréquemment désormais.
Sur le site de l'Espoir à gauche, dans "actualités", vous pouvez lire deux interventions de Vincent Peillon, une de François Rebsamen, une de Gaëtant Gorce, et une de M.Gannier, toutes
intéressantes à divers titres.
Scripte
PS : lire sur le site de DA national le communiqué de l'équipe de Ségolène Royal à l'issue de la réunion entre Martine et Ségolène.
Et à l'attention particulière des Essoniens, lire sur DA91 les résultats des villes de plus de 5000 habitants et l'analyse de Gulliver.
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