Vendredi 10 avril 2009
Moi qui fais partie des dinosaures qui achètent des CD (quitte à être parfois furieuse de découvrir deux morceaux géniaux et dix plages sans le moindre interêt sur le dit CD...) et qui n'ai jamais chargé depuis internet de la musique illicite, j'avais modestement apporté au "réseau des pirates" mon soutien. Parce que je ne crois pas que le seul moyen de protéger la création artistique soit la répression et parce que les adresses IP sont et resteront empruntables ; la répression risque fort de frapper à l'aveugle...

Hadopi était passée facilement, en première lecture à l'Assemblée, elle était aussi passée facilement au Sénat avec suppression de l'amendement qui prévoyait que le "réprimé" n'ait pas à règler son abonnement internet pendant que celui-ci lui serait supprimé.

Tout le monde s'attendait à ce que la loi passe, facilement, ce 9 avril.
Patatras, j'ai monté le son de la radio pour être bien sûre. 
La loi avait été repoussée par 21 voix contre 15 !

Au journal télévisé suivant on a vu les mines contrites ou furibardes de F. Lefebvre accusant les socialistes de s'être cachés derrière les piliers de la salle dite aux colonnes ,pour foncer au moment précis du vote dans l"hémicycle, puis de J-F. Copé fustigeant la stupidité des enfantillages des députés socialistes qui, sur fond de sms échangés ont laissé croire qu'ils seraient bien moins nombreux à venir voter qu'ils ne l'étaient en réalité. Il a conclu dans une dernière intervention, que quand on "prenait un coup de pied au derrière cela faisait avancer".

J'ai d'abord beaucoup ri, en imaginant une dizaine de conspirateurs socialistes dissimulés derrière rideaux et colonnes pour se précipiter le moment venu et voter sous les regards ébahis des quinze députés de la majorité qui n'étaient pas encore partis en vacances...
Et puis j'ai entendu un socialiste donner un sens de protestation des députés de la majorité à leur absence pour le vote...

On est en plein Courteline. Mais c'est finalement assez triste. Nous élisons après des campagnes actives, passionnées, coûteuses, des hommes et des femmes qui seront les acteurs de la démocratie représentative. Ils sont plus de cinq cent à nous représenter. Dans leurs circonscriptions, où ils sont censés nous écouter pour agir. A l'Assemblée, pour mettre au point les lois, dans des commisssions, et pour les voter.  Et là, est mis en évidence, une fois de plus, que nos députés ont des tas de choses plus intéressantes à faire que d'être présents à l'Assemblée pour nous représenter et voter les lois, en vertu du pouvoir de représentation dont nous les avons investis par nos votes.
Alors on croit rêver. Une quasi veille de vacances de Pâques et une trentaine de députés présents pour voter ou non la loi Hadopi ?
Et des comptes d'épicier, du genre "ils sont à peine une dizaine, ce n'est pas la peine que tu viennes" ou "ils sont une quinzaine et nous onze... allez, venez, on peut les avoir !" Nos députés jouent "petit bras". Combien étaient-ils pour voter la loi sur l'audiovisuel ? A peu près autant, ou aussi peu...
Dans démocratie représentative, il y a deux mots, aussi importants l'un que l'autre, parce qu'indissociable.
Souvenons-nous-en quand nous serons appelés à voter...

Démocratie participative et démocratie représentative sont complémentaires. Elles sont la base de la démocratie. A condition qu'on en respecte les règles.

Scripte
Par Scripte - Publié dans : nouvelles - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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